JANIN Louise (1893-1997)
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Louise Janin ©


• JEUNESSE ET FORMATION

Louise JANIN naît en 1893, à Durham, à une centaine de km au nord de Boston.
Sa famille, d'origine française, a émigré au début du siècle à la Nouvelle Orléans et a fait fortune dans l'exploitation minière. Son père collectionne l'art d'extrême orient et a constitué une importante collection. Le divorce de son père et de sa mère affectera profondément la petite fille qui trouvera refuge dans un monde imaginaire peuplé de divinités orientales, de tigres et de dragons.

Remariée, la mère de Louise s'installe à San Francisco. A l'école, la jeune fille manifeste déjà ses dispositions pour le dessin, la musique et le théâtre.
A 13 ans, le tremblement de terre la marque profondément, cette brutale irruption des forces souterraines et l'incendie qui s'en est suivi influenceront sans doute les thèmes, les formes et les couleurs d'une partie de son œuvre.

Dès 18 ans, elle choisit d'être artiste, fréquente l'Académie des Beaux-Arts de San Francisco et profite des dernières leçons de William M. Chase, l'un des principaux représentants de l'impressionnisme américain.
En 1915, elle réalise avec ses parents un long périple en Asie et y approfondira son gout pour les philosophies orientales.

• ORIENTALISME ONIRIQUE ET SPIRITUALISTE

A son retour à San Francisco elle expose régulièrement jusqu'en 1920 des œuvres d'inspiration hindoue.
En 1921, elle s'installe à New York, y expose ainsi qu'à Chicago et à Saint Louis.
En 1923 elle entreprend un voyage en Europe, visite l'Italie, Paris et Londres puis s'installe à Paris. Elle a alors 30 ans.

De 1924 à 1931 ses œuvres seront exposées en France à la Galerie Bernheim-Jeune, au Salon des Orientalistes, à la Galerie Georges Petit et au pavillon de l'Hindoustan lors de l'Exposition Coloniale. Aux Etats Unis, elles sont présentées à San Francisco et à New York.
Louise Janin acquiert alors une importante notoriété et devient une artiste reconnue et célébrée des Arts Décoratifs.

En 1926 la rencontre avec František Kupka et leurs échanges sur l'art feront naître une véritable amitié. L'œuvre de Louise s'éloignera alors de la figuration et intégrera une vision cosmique du monde.

• MUSICALISME

En 1931, Henri Valensi qui prépare son "Manifeste des Artistes musicalistes" remarque la proximité entre la peinture de Louise Janin et ses propres recherches. Il lui demande de participer au premier Salon des Artistes musicalistes, Louise accepte et restera fidèle aux expositions du mouvement jusqu'en 1960 et participera, en 1963, à l'hommage rendu à Valensi au musée de Lyon, puis en 1973, à la rétrospective des salons musicalistes, à Paris.

Elle se trouve en Corse quand la guerre éclate et se trouve internée dans un camp italien. Elle y souffrira non seulement des privations mais aussi de la perte de l'une de ses meilleures amies. Ce temps de réclusion sera mis à profit pour réaliser des esquisses qui nourriront son œuvre future.

• COSMOGONIE

A partir de 1953, Louise Janin, tout en continuant dans les voies traditionnelles du dessin et de la peinture, cherche à explorer d'autres techniques accordant une place plus importante à la contingence. Par le mélange des matières et des pigments sous la main vigilante de l'artiste naissent les "cosmogrammes", à l'image de mondes poétiques en création.

• ECRITURES

Toute sa vie, Louise Janin ne cessera d'écrire.
Dès 1928, elle collabore régulièrement en France à la revue "ABC-Magazine d'Art", aux USA à "Leonardo", aux Indes à, "Rhythm" et "Southern Chronicle". Ses articles témoignent de sa grande érudition et de son esprit critique, qui n'épargne pas certains artistes ou marchands contemporains.
La poésie a toujours fait partie de sa vie. Ses nombreux poèmes paraissent à partir de 1950 dans des revues anglophones et sont particulièrement appréciés en Inde.

• FORCE CREATRICE

Après 1960, Louise Janin abandonne progressivement la création des "cosmogrammes" mais continue à mettre chaque instant à profit pour dessiner et peindre dans son atelier de la rue Antoine Chantin à Paris. En 1992, à l'âge de 99 ans, des œuvres voient encore le jour, elle poursuivra sa passion créatrice jusqu'à son décès en 1997, à l'âge de 104 ans.

Bibliographie :
□ Edouard Schuré, préface du Catalogue de l'exposition à la Galerie Bernheim-Jeune (Paris, 1924)
□ Encyclopedia Britannica Arts, édition de 1930
□ Edouard Joseph, Dictionnaire biographique des Artistes Contemporains (Paris, 1931)
□ Jean-Jacques Lévêque, Louise Janin (Editions Ishtar, Paris, 1959)
□ Robert Vrinat, Louise Janin, Vision sur les Arts (Béziers, 1974)
□ Elie-Charles Flamand, Roger Otahi, Catalogue de l'exposition à la galerie Hexagramme (Paris, 1974)
□ Dr Raymond Piper, Ingo Swann, Cosmic Art (New York, 1975)
□ Edan Milton Hughes, Artists in California, 1746-1940 (San Francisco, 1986)
□ Michèle Lefrançois, Catalogue de l'exposition "Coloniales" Musée de Boulogne-Billancourt (1989)
□ Daniel Schidlower, Catalogue de l'exposition "Qu'est-ce que le Musicalisme?", Galerie Drouart (Paris 1990)
□ Nicole Lamothe, Monique Marmatcheva, Louise Janin, témoin du siècle (Paris, 1993)
□ E. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, (Evreux, 1999)
Biographie  
Pays France
USA
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